5 days at Memorial / AL
D’après des faits réels dus à l’ouragan Katrina. Devant la montée des eaux, l’absence d’électricité et la chaleur étouffante, les soignants épuisés de l’hôpital de la Nouvelle-Orléans se voient contraints de faire des choix graves et déchirants.
Un long cheminement
5 days at Memorial est une adaptation du livre éponyme
écrit par la journaliste Sheri Fink, ledit livre étant lui-même une version
approfondie de l’un de ses articles datant de 2009, et pour lequel elle remporta
un prix Pulitzer. Ce livre a été le point de départ au développement et à la
production de cette série, dont on a confié les reines à John Ridley. Ce
dernier, très actif aux Etats-Unis dans la défense des droits des minorités, est surtout connu
pour avoir été le scénariste oscarisé du film 12 years a slave. C’est dire s’il
est habitué à raconter des histoires difficiles.
Restait alors à trouver un
diffuseur. Les grandes majors se sont montrées très frileuses (sujet difficile
et polémique). Finalement, le show a pu voir le jour grâce à la toute
jeune plateforme de streaming Apple tv+. Cette dernière a le mérite de se démarquer des
autres plateformes en proposant du contenu souvent différent, et souvent de
qualité. Il ne reste plus qu’à espérer que son catalogue finira par s’étoffer de
façon conséquente.
Une lente montée en tension
La première partie de 5 days at Memorial se concentre sur ces 5 fameux jours qui ont vu l’ouragan Katrina balayer La Nouvelle-Orléans. Cette première partie est une vraie réussite. Nous vivons aux côtés des protagonistes l’arrivée de Katrina. Les effets spéciaux sont dantesques et prennent le spectateur aux tripes.
Une fois l’ouragan passé, la tension monte lentement, le show s’attelant à nous montrer la consternation croissante du personnel soignant alors que les eaux envahissent les rues de la ville. Les efforts pour évacuer les patients se heurtent alors à de sérieux défis.
Une histoire controversée
La seconde partie de la série se révèle être très
ambitieuse. Elle s’attache d’abord à démontrer comment les préjugés systémiques
présents dans la société nord-américaine ont conduit les patients les plus
pauvres à être laissés pour compte. C’est implacable et révélateur des
fractures béantes qui gangrènent les USA.
La série pose également la douloureuse question de la fin de vie. Le docteur
Anna Pou, merveilleusement interprété par Vera Farmiga, se trouve au cœur de ce
débat. La série en fait d’abord un portrait relativement lisse et sympathique.
Mais elle fournit également des preuves convaincantes que son personnage a été
impliqué dans l’euthanasie de patients. Dans la vraie vie, le docteur Anna Pou
a nié les actes répréhensibles et un grand jury a refusé de l’inculper. La
série ne prend jamais parti et laisse finalement le spectateur se forger sa
propre opinion.
Plus qu'un simple drama hospitalier
5 Days at Memorial a tout d'une série médicale classique. On y retrouve tous les codes qui régissent ce type particulier de récit. Mais, de part les thèmes abordés et le contexte particulier dans lequel se trouvent les protagonistes, on a là bien plus qu'un simple drama hospitalier. C'est avec enthousiasme que je vous recommande de passer quelques heures dans l'une des plus folles catastrophes naturelles que les Etats-Unis aient connues.
Bonus : après avoir vu 5 days at Memorial, vous n'aurez plus d'excuses pour vous plonger dans le "ni plus ni moins" chef-d'oeuvre de David Simon : Treme. On en reparle bientôt.
AL





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