Festival International des Cinémas d'Asie / AL

 


Rencontre avec Jean-Marc Therouanne, cofondateur du Festival International des Cinémas d’Asie. 

Du 28 février au 7 mars 2023 se déroulera la 29e édition du Festival Internationale des Cinémas d’Asie (FICA). Ce festival est devenu un incontournable pour ceux qui aiment découvrir des films venant de tout le continent asiatique. La variété et la richesse de la programmation seront nous l’espérons, encore une fois au rendez-vous. 

Quoi de mieux pour se mettre l’eau à la bouche que de donner la parole à l’un des organisateurs du festival. Merci à Jean-Marc de venir nous parler de cet événement et de partager avec nous sa passion. 


Pouvez-vous nous préciser votre rôle dans ce formidable événement ? 

Jean-Marc Thérouanne : je suis le Délégué Général, cofondateur et codirecteur artistique du Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul.

Je suis titulaire d'une licence en droit, d'une maîtrise en histoire et du CAPES d’enseignant documentaliste. 

J’ai été président du jury du Silk Road International Film Festival Of Xi'an 2014 (Chine), de l’Art Film Festival Of Kosice 2017 (Slovaquie) et du Festival Fenêtre sur Courts de Dijon 2010 (France), membre de jurys internationaux en France et à l'étranger : Chungmuro International Film Festival Of Seoul 2009 (Corée), Osian'Cinefan Of New-Delhi 2009 (Inde), Cinemalaya Philippine Independent Film Festival Of Manila 2011 (Philippines), Golden Tulip Film Festival Of Dushanbe 2019 (Tadjikistan), Festival International du Film de Tachkent 2022 (Ouzbékistan), ...

Mon engagement pour la culture, et plus particulièrement pour le cinéma, m’a valu plusieurs décorations telles que : Korean Cinema Award (2018), Officier des Palmes académiques (2018), Chevalier des Arts et Lettres (2003), ainsi que la médaille des Langues Orientales (2005), la médaille de la Francophonie (2009), le prix culturel France-Corée (2011), la médaille d'honneur de la ville de Vesoul (2014), le trophée France-Corée (2016), la médaille de l'art cinématographique de la République de Mongolie (2018).

J’ai été le producteur du film  If God sent his angel de K.M. Lo 2005 (Cambodge) issu de l’Open Doors project du Festival de Locarno en 2004, et coproducteur avec le Bophana Center du film Where I Go de Neang Kavich en 2013 (Cambodge).

Je suis correspondant de plusieurs magazines : Cinealliance, Asian Movie Pulse, Netpacasia, InterCDI... et membre du NETPAC (Network for the Promotion of Asian Cinema) depuis 2003.


Chaque année, nous découvrons plusieurs dizaines de films inédits, venant de tout le continent asiatique. Si vous deviez nous résumer à quoi nous devons nous attendre pour cette édition 2023, que diriez-vous ?

J.-M. T. : 85 films dont 38 inédits, venus de 31 pays, composent le 29e Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul.

Mr Lee Young-kwan (Corée), président du prestigieux festival de Busan, le Cannes de l’Asie, sera le président du Jury international.

Hommage sera rendu au réalisateur turc Semih Kaplanoglu, en sa présence. L’intégrale de son œuvre sera présentée, de son premier film Away From Home, en compétition Vesoul 2002, à son dernier opus Les Promesses d’Hasan, Cannes 2021, en passant par Miel, Ours d’or Berlin 2010.

Un Cyclo d’or d’honneur leur sera décerné lors de la cérémonie d’ouverture. 

20 films en compétition, en première française, européenne, internationale ou mondiale, seront départagés par 7 Jurys (International, Critique, Netpac, Inalco, Marc Haaz, Lycéen, Jeune).

Les sections compétitives sont composées de films issus de cinématographies rares (Afghanistan, Azerbaïdjan, Cambodge, Kirghizistan, Laos, Mongolie, Singapour, Syrie, Vietnam), et de films de cinématographies majeures (Chine, Corée, Inde, Iran, Philippines).

Certains films primés seront l’objet d’une reprise du festival à l’auditorium du Musée des Arts asiatiques Guimet de Paris les 17, 18 et 19 mars 2023, ainsi qu’à l’Inalco (Institut National des Langues et Civilisation Orientales) de Paris.

Le Festival s’associe à la célébration du 75ème anniversaire des relations diplomatiques France-Philippines par une rétrospective « Regard sur le cinéma philippin » avec le soutien de la FDCP (Film Development Council of the Philippines), l’équivalent du CNC (Centre National du Cinéma et de l’image animée). 

Le cinéma philippin est une cinématographie majeure comprenant de fortes personnalités dont les plus connues sont Lino Brocka, Brillante Mendoza ou Lav Diaz.

Ce regard se propose de mettre en valeur des œuvres de cinéastes incontournables comme les vétérans Lamberto Avellana, Mario O’Hara, Ishmael Bernal, Mike de Leon ou la personnalité singulière de Kidlat Tahimik et de jeunes talents Sheron Dayoc, Mikhail Red, Zig Dulay, ces derniers seront à Vesoul pour l’occasion. 

Le Festival a mis en place un Regard sur le cinéma de Singapour avec l’aide de l’Asian Film Archive. Le cinéma de Singapour est une terra incognita cinématographique à explorer. Cette rétrospective permettra de découvrir des comédies musicales, dont un étonnant remake de la Fièvre du samedi soir, des films d’action et de karaté, des romances, des drames historiques, ... issus de l’âge d’or du cinéma de Singapour du temps où cette ville faisait partie de la Fédération de Malaisie ; et des films d’Eric Khoo, véritable père fondateur du cinéma singapourien contemporain, et de jeunes réalisateurs comme Anthony Chen, Royston Tan, Boo Junfeng, Ken Kwek. Ce dernier sera à Vesoul avec son dernier film, interdit à Singapour parce qu’il aborde des sujets sociétaux comme la criminalisation de l’homosexualité. Un festival comme celui de Vesoul est une tribune de libre expression pour les réalisateurs victimes de la censure dans leurs pays. 

La section thématique « Les cinémas des diasporas asiatiques » propose un vaste panorama d’œuvres de réalisateurs issus de pays asiatiques vivant en exil ou intégrés depuis une ou plusieurs générations dans le pays d’accueil de leurs ascendants s’interrogeant sur leur identité liée à leur double culture. Les formes d’expression utilisées vont du film d’animation à la comédie dramatique, en passant par le film de genre : policier, thriller, comédie, ...  

Le jeune public et les amateurs de Japanimation ne sont pas oubliés.

Le FICA de Vesoul c’est un Festival pour tous aux multiples visages, fonctions, aspects, je cite pêle-mêle à la façon d’un inventaire à la Prévert : Journée professionnelle ; soirée des 70 ans de la revue Positif ; animations poétiques et littéraires ; rencontre, dédicaces et lecture avec l’écrivain réalisateur Samuel Aubin (Istanbul à jamais) ; soirée Singapour ; journée du cinéma philippin : table ronde, rencontre, projection non-stop, soirée Philippines ; repas cinéphilique ; soirée Orange ; expositions : d’Amigurumis, d’affiches de films ; salon de thé éphémère ; atelier pour enfants ; conférence « Mais où se cache l’Asie en Haute-Saône » ; après-midi jeune public ; actions de sensibilisation (alphabétisation migrants) ; séances scolaires ; journée d’immersion au Festival ; séances décentralisées en Haute-Saône ; actions culturelles (publics empêchés, ainés) ; boutique du Festival ; ...


Comment procédez-vous pour choisir les films, entre cinéastes confirmés et nouvelles têtes ? 

J.-M. T. : Je vois plus de 700 films par an tout au long de l’année. Je sélectionne ceux qui me semblent les meilleurs, je cherche un équilibre géographique, de genre, de thème.

Pour obtenir la venue de cinéastes confirmés cela est le fruit d’un long travail de contact, de rencontre, engendrant le respect mutuel.

Le plus dur c’est la négociation avec les vendeurs internationaux, les producteurs, le feeling, etc.


Remontons un instant aux origines de ce festival. Pourquoi avoir choisi de vous spécialiser autour d’œuvres cinématographiques / documentaires de ce continent ? 

J.-M. T. : Parce qu’après avoir déménagé vingt-deux fois en suivant la carrière de mon père magistrat, je suis tombé amoureux, il y a quarante de cela, d’une vésulienne de toujours que j’ai rencontré en Thaïlande sur la plage de Lamaï Beach de l’île de Koh Samui dans le golf du Siam. Cette rencontre a bouleversé ma vie de fond en comble et m’a enraciné en Haute-Saône, département de la Destinée.

Ce festival est l’histoire d’une Love Story entre deux êtres passionnés par l’Asie.


Lee Yong-Kwan, Martine et Jean-Marc Thérouanne

Pour conclure, votre sélection coup de cœur de ces derniers mois ? 

J.-M. T. : Love life de Koji Fukada, Burning Days d’Emin Alper, le Retour des hirondelles de Li Ruijun, Feast de Brillante Ma Mendoza, Alteration de Yolkin Tuychiev dont les films qui m’ont le plus marqué de ces derniers mois. 

Encore, une fois, grand merci à Jean-Marc pour ses réponses. 

AL


Lien vers le site du festival : 


FESTIVAL INTERNATIONAL DES CINEMAS D'ASIE


 

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