Watcher, Chloé Okuno / AL

 


Second film visionné lors du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer, Watcher est le premier long-métrage de la jeune réalisatrice Chloé Okuno. Le film narre l’histoire de Julia (interprétée par Maika Monroe) quittant les Etats-Unis pour la Roumanie suite à la promotion de son mari. Ce dernier étant très pris par son travail, Julia se retrouve presque entièrement seule pour s’adapter à ce nouveau pays, cette nouvelle culture. Quand elle regarde par la fenêtre de son nouvel appartement, elle a l’impression d’être observée. Aussi, lorsqu’un tueur en série décapitant les femmes fait les gros titres de la presse, Julia développe une véritable paranoïa.

Watcher s’inscrit d’emblée dans la tradition du « Giallo italien », ou thriller horrifique mettant en scène un tueur mystérieux, des meurtres commis à l’arme blanche et un twist final plus ou moins audacieux. Chloé Okuno s’inspire également de Roman Polanski (Rosemary’s baby) ou encore d’Alfred Hitchcock (Fenêtres sur cour). Mais il serait faux de cantonner ce film uniquement à ses références tant la patte de la réalisatrice y est omniprésente. Véritable thriller atmosphérique, Watcher place son sujet (la paranoïa, le voyeurisme) avant les effets de manche propres au genre du thriller horrifique. Le rythme du film est délibérément lent, la photographie très froide et le point de vue exposé est exclusivement celui de la prochaine victime potentielle.

Narrativement, Watcher ne révolutionne rien. On y retrouve toutes les caractéristiques propres au genre : un mari qui délaisse rapidement son épouse, des voisins de plus en plus hostiles (à l’exception d’une voisine, mais qui sera elle aussi mise en danger), une police qui ne semble pas prêter d’attention particulière au personnage principal, un tueur en série qui rôde dans la ville, un voisin qui semble suspect…


 
Ce qui rend Watcher intéressant, c’est la capacité de Chloé Okuno à créer un vrai malaise à partir d’une trame narrative aussi simple. A l’écran, cela se traduit par une mise en scène à l’ambiance claustrophobe et inquiétante. Simple mais efficace.

Dans son intention, Chloé Okuno propose finalement une film sans grandes séquences à forte tension. Elle se positionne davantage dans le registre du psychodrame et en profite aussi pour explorer la manière dont les femmes sont ignorées lorsqu’elles parlent de la dangerosité des hommes. C’est un film sombre et cruel avec ses victimes.  

Watcher restera comme un bon divertissement, avec un travail sur la mise en scène intelligent et engageant malgré une intrigue prévisible et une conclusion loin d’être à la hauteur. A ce propos, l’on peut s’interroger de la conclusion proposée par Chloé Okuno. A-t-elle réellement eu le « cut » final ? Probablement pas, tant la séquence finale ne colle pas avec la proposition d’Okuno. 

AL



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